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À situtation exceptionnelle, contenu exceptionnel ! Découvrez ici pour la première fois des articles uniques issus de différents numéros de notre revue Cinémas d'Amérique latine, suivez nos dossiers thématiques, nos entretiens... Une manière de rester au plus près des cinématographies latino-américaines depuis chez soi...
Cinélatino vous offre chaque semaine des articles extraits de différents numéros.

Et pour ceux qui veulent l'intégralité, profitez de notre offre spéciale pour le numéro 28 : 10€ (au lieu de 20€) en suivant ce lien : https://www.cinelatino.fr/contenu/revue

À découvrir :
Retour sur les ateliers universitaires
Hommage à Luis Ospina
Dossier spécial : Patricio Guzmán

 

>> Retour sur les ateliers universitaires réalisés en 2019 avec Claudia Calviño et Mariano Lliñas
ATELIER Cinéma, genre et politique Cinélatino 2019
EN 2019, LES INVITÉ·E·S DE L’ATELIER ÉTAIENT Claudia Calviño PRODUCTRICE CUBAINE & Mariano Llinas RÉALISATEUR ARGENTIN

 


>> Dossier spécial : Hommage à Luis Ospina au travers de cette série d'articles
Figure majeure du cinéma latinoaméricain, Luis Ospina est mort le 26 septembre 2019 à Bogotá.


Venu aux Rencontres de Toulouse à trois reprises à pratiquement dix ans d’intervalle, il a marqué le festival : en 1995 où onze de ses films étaient programmés, en 2008 où son film Un tigre de papel a reçu le prix du public et enfin en 2017 où un focus lui fut dédié, dans le cadre de la muestra Caliwood. Il souriait d’ailleurs de ce mot, Caliwood, terme inventé en plaisantant par le Groupe de Cali, qu’il avait fondé dans les années 1970, avec ses amis Carlos Mayolo et Andrés Caicedo. Cinéaste cinéphile, il a propagé le cinéma dans les ciné-clubs, en enseignant à l’Université et sur les écrans du monde entier. Il était aussi chroniqueur dans différentes revues colombiennes et fondateur et directeur artistique du festival international de cinéma de Cali. Réalisateur documentariste, il a secoué le genre et a impulsé une énergie originale au cinéma colombien.
Ici, à Toulouse, à Cinélatino, nous sommes nombreux à garder dans le coin de notre mémoire une anecdote, une discussion cinématographique réjouissante, des images de ses films, documentaires souvent provocateurs, déroutants et jubilatoires.
Lui qui vivait cinéma disait : « la vie est un documentaire : dans la vie comme dans le documentaire on ne sait pas ce qui va se passer. »

> Revue Cinémas d’Amérique latine 13 | «Vini video vici : el video como resurrección » [la vidéo en tant que résurrection], Luis Ospina, 2005.
> Revue Cinémas d’Amérique latine 16 | « Un tigre de papier, spécialement vrai nécessairement faux », Isleni Cruz Carvajal
> Revue Cinémas d’Amérique latine 20 | « A los hijos hay que reconocerlos [Il faut reconnaître ses enfants] de Luis Ospina, 2012.
Saviez-vous que pour La Société du feu rouge, le réalisateur colombien Rubén Mendoza a demandé à Luis Ospina de faire le montage ? Les rôles ont été intervertis puisque Rubén Mendoza avait été le monteur de ses derniers films : La desazón suprema (2004) et Un tigre de papel (2007). Luis Ospina affirme qu’il “souffre pendant les tournages” et “se réjouit pendant le montage” en citant Jean-Luc Godard : “montage, mon beau souci”.
> Revue Cinémas d’Amérique latine 25 | « Luis? Pourquoi Cali? » Marie-Françoise Govin, entretien avec Luis Ospina, 2017.
Cette info éclaire un propos de Ospina dans l’interview, quand il parle de la pléthore de documentaires dans ces années-là.
« Il y a quelques décennies les cinéastes colombiens se disputaient les subsides de FOCINE, ils inventaient des coopératives et imaginaient des coproductions et des fonds renouvelables. Au milieu de la pénurie, les rivalités ne manquaient pas. Dans ce contexte, rares étaient les réalisateurs qui faisaient autre chose que penser à eux et se proposaient de participer à des projets avec les indigènes ou les gens des quartiers populaires. Dans le passé, Marta Rodríguez et Jorge Silva furent deux de ces créateurs exceptionnels et c’est grâce à eux, à Pablo Mora et au travail de beaucoup d’autres métis et d’indigènes, que le cinéma indigène colombien existe, par exemple. Contravía est composée d’un groupe de personnes qui, sans cesser de penser à ses propres œuvres, relie ces créations avec les communautés environnantes et, ainsi, enrichit l’existence de ces communautés et de leurs propres œuvres. » Óscar Ruiz Navia, interviewé par Julián David Correa, « Nous faisons partie du monde : Contravía films, de Cali ». Revue n°25, 2017, p.47-48.
> Revue Cinémas d’Amérique latine 25 | « Cali, cinéma, culture et cinéphilie », Ramiro Arbeláez, 2017.
> Revue Cinémas d’Amérique latine 26 | « Le cinéma colombien n’est pas seul. » Julián David Correa, 2018.
> Revue Cinémas d’Amérique latine 26 | « Atelier cinéma genre et politique. Luis Ospina ». 2018

et retrouvez deux articles inédits dans le dernier numéro de la revue 28 :
Luis Ospina. “La ausencia de memoria es la muerte” | “La véritable mort c’est l’absence de mémoire” ENTREVISTA DE PEDRO ADRIÁN ZULUAGA
Peligra la muerte del artista. Un texto para celebrar las vidas y muertes del cineasta Luis Ospina | La mort de l’artiste en danger. Un texte pour célébrer les vies et les morts du cinéaste Luis Ospina de RUBÉN MENDOZA

 


>> Dossier spécial : Patricio Guzmán
Né à Santiago du Chili en 1941, Patricio Guzmán a tourné au Chili, de 1970 à 1979, un documentaire en trois parties : La Bataille du Chili. Exilé en France après le coup d’État, il a réalisé des films politiques, contribuant au mélange des genres et donnant au documentaire des tonalités métissées. En 2010 Nostalgie de la lumière puis en 2015 Le Bouton de nacre et en 2019 La Cordillère des songes développent des correspondances entre le passé et le futur, entre la mémoire et le devenir, voyages entre le réel et la poésie.

 

 

dans les anciens numéros...

Revue Cinémas d’Amérique latine 3 : « Des taches sur le négatif et la vitesse du temps », Patricio Guzmán. p.18
« Mélanger les genres, une tendance courante dans la littérature et la musique d’Amérique latine, s’impose de plus en plus dans les documentaires du monde entier. […] mélanger signifie créer du nouveau à partir de ce qui existe déjà ; cela veut dire être volontairement impur dans un monde imparfait.
C’est le contact avec des genres différents qui assure la découverte de quelque chose de différent. Le regard ouvert nous permet d’atteindre une richesse, de découvrir d’autres possibles, l’agréable surprise du nouveau. »

Revue Cinémas d’Amérique latine 19 : « Documentaires sur la mémoire chilienne, approches d’un point de vue intime. » Maria José Bello p.77-83
« Le cinéma des années 1970 est un cinéma de geste, épique, qui raconte un projet idéologique violemment avorté par l’intervention militaire, les morts et l’exil. Beaucoup de cinéastes de cette époque ont été des victimes directes du régime […] »

Revue Cinémas d’Amérique latine 21 : « Le Chili était une fête. » Patricio Guzmán. P.25-29
«À cette époque-là [1971], […] nous filmions tous les jours et nous nous étions lancés dans la plus grande aventure de notre vie. […] Nous vivions les yeux grands ouverts, en perpétuel mouvement. »

Revue Cinémas d’Amérique latine  26 : « 30 ans de documentaire. Quand le point de vue passe avant le document », María José Bello.
« Le genre de documentaire réflexif présente une articulation particulière entre des situations provoquées par les cinéastes (aspect performatif) et le commentaire personnel postérieur de ce que l’on voit à l’écran. C’est un mécanisme narratif que Guzmán a parfait et approfondi au fil des années » p.73

 

Retrouvez aussi dans la Revue Cinémas d’Amérique latine 28 trois articles consacrés au documentariste chilien Patricio Guzmán qui termine sa trilogie avec La Cordillère des songes.

La Bataille du Chili. Quand le cinéma écrit l’histoire
Dans « La Bataille du Chili. Quand le cinéma écrit l’histoire » écrit par Ariel Arnal, nous avons lu que [...] La Bataille du Chili est à ce jour la référence obligatoire pour ce discours de récupération de la mémoire. Une famille sans images est une famille sans passé. Le passé est construit, il n’existe pas ensoi, c’est une interprétation constante et changeante de ce que nous sommes aujourd’hui, parce que nous sommes les feuilles d’un album de famille. C’est ainsi que Guzmán répète sans cesse : “ Un pays sans cinéma documentaire est comme une famille sans album photos”. La Bataille du Chili fait partie de l’album de famille de ce peuple appelé Chili.
« La Bataille du Chili. Quand le cinéma écrit l’histoire », Ariel Arnal, p.96-106

L’artiste et le monde. Patricio Guzmán, entre l’immense et l’intime
Dans « L’artiste et le monde. Patricio Guzmán, entre l’immense et l’intime» écrit par Julien Joly, nous avons appris que [...] Les aspirations du Soi s’accordent alors avec un mouvement sociétal plus large : l’engagement est total, le retrait de l’individu au service du collectif “naturel”, sans que Guzmán perde totalement sa subjectivité au profit de l’idéologie. Son cinéma met en valeur la force populaire, le Peuple en tant que héros révolutionnaire. Le “Nous”, symbolisant l’union, est exalté, célébré : il devient protagoniste principal. De plus, la posture de Guzmán est descriptive, mais aussi participative. Sans pour autant dévoiler les indices de sa subjectivité. L’orthodoxie par rapport à l’entreprise révolutionnaire était (en théorie) de mise : le documentaire n’a jamais été un miroir impartial de la vie mais une manière singulière de voir le monde. Tout le monde sait que les documentaristes partagent leur vision des choses. [...]
« L’artiste et le monde. Patricio Guzmán, entre l’immense et l’intime. » Julien Joly, p.109-116

La Cordillère des songes, dernier volet de la trilogie documentaire de Patricio Guzmán
Ensuite, l'article de Zélia Devooght et Théo Collia, « La Cordillère des songes, dernier volet de la trilogie documentaire de Patricio Guzmán » développe la question esthétique : [...] La forme intime et métaphorique se concrétise chez Guzmán dans le choix d’une pluralité de genres (historique, scientifique, politique) qui fait de chaque film un poème visuel et sonore.[…]Tel un Ulysse, arraché aux siens, l’imaginaire de Guzmán se nourrit d’un perpétuel et pourtant impossible retour pour continuer de créer. Il est celui qui a fait “l’essai” : qui a subi aussi bien l’épreuve – “mettre à l’essai” – que l’expérience – “faire l’essai”. Son cinéma peut se penser comme un art de l’équilibre, toujours sur la brèche, qui prendrait le risque de s’expérimenter, de se mettre à l’épreuve entre son combat politique et son combat poétique. Guzmán termine d’ailleurs son récit par une anecdote personnelle au sujet d’un morceau de météorite qui ’amène à faire un vœu proche d’une incantation poétique : “Que le Chili retrouve son enfance et sa joie”.[...]
« La Cordillère des songes, dernier volet de la trilogie documentaire de Patricio Guzmán », Zélia Devooght et Théo Colliat, p. 118-126